Leurs enfants après eux

(Actes Sud)
3.5 ( 6 votes )
Recommandé par
3 DéLecteurs

Août 1992. Une vallée perdue quelque part dans l'Est, des hauts-fourneaux qui ne brûlent plus, un lac, un après-midi de canicule. Anthony a quatorze ans, et avec son cousin, pour tuer l'ennui, il décide de voler un canoë et d'aller voir ce qui se passe de l'autre côté, sur la fameuse plage des culs-nus. Au bout, ce sera pour Anthony le premier amour, le premier été, celui qui décide de toute la suite. Ce sera le drame de la vie qui commence. Avec ce livre, Nicolas Mathieu écrit le roman d'une vallée, d'une époque, de l'adolescence, le récit politique d'une jeunesse qui doit trouver sa voie dans un monde qui meurt. Quatre étés, quatre moments, de Smells Like Teen Spirit à la Coupe du monde 98, pour raconter des vies à toute vitesse dans cette France de l'entre-deux, des villes moyennes et des zones pavillonnaires, de la cambrousse et des ZAC bétonnées. La France du Picon et de Johnny Hallyday, des fêtes foraines et d'Intervilles, des hommes usés au travail et des amoureuses fanées à vingt ans. Un pays loin des comptoirs de la mondialisation, pris entre la nostalgie et le déclin, la décence et la rage.
Améliorer la fiche

Livres similaires

Qu’en avez-vous pensé ?

20/05/2019
1.5
Chronique sociale d'un monde en marge dans une petite ville sinistrée, personnages attachants qui n'échappent pas à leur (triste) destinée... je ne suis pas certaine que le poids des racines, du milieu d'origine soit à ce point déterminant dans une vie, ce roman en pose la question...
Lire plus

09/01/2019
3.0

J'ai trouvé ce livre plutôt moyen, un peu répétitif... 




30/12/2018
4.5
A Heillange, ville de l’Est de la France frappée par la désindustrialisation, vit une bande d’adolescents. Anthony, son cousin, Hacine, Stéphanie et Clem trompent l’ennui pendant les périodes estivales en traînant dans les rues, en se baignant dans le lac, en buvant, en fumant des pétards, en découvrant leur sexualité ... Les 4 jeunes ont pour ambition de quitter cette ville sinistrée et de ne pas reproduire la vie de leurs parents. Y parviendront-ils ?, Qu’adviendra-t-il de leur espoir, leurs illusions et leurs rêves ?...Nicolas Mathieu décrit avec justesse et précision une jeunesse désœuvrée dans une région laissée à l’abandon. « Leurs enfants après eux » est une chronique sociale forte, énergique à la construction efficace, 4 étés de 1992 à 1998 que l’on quitte à regret. Remarquable ! 
Lire plus

03/09/2018
4.0
Quel bonheur de plonger ainsi dans la douce nostalgie de mes vingt ans ! Un kaléidoscope de références nineties qui m'a fait chaud au coeur. Ceci est le second roman de Nicolas Mathieu. L'histoire se passe dans une vallée vosgienne. Tiens, pas très loin de mon Alsace chérie où j'ai passé toute mon enfance et adolescence. de là à amalgamer les deux endroits, il n'y a qu'un pas ! L'épopée de notre jeune héros Anthony va se dérouler sur quatre étés caniculaires, de ses 14 à 20 ans. Alors le mot « épopée » est un grand mot pour nommer les tribulations de sa vie d'ado meurtri. C'est aussi le roman d'une époque tourmentée, de jeunesse qui peine à trouver sa voie dans un monde éteint. Cette jeunesse qui croit qu'ailleurs, l'herbe est plus verte. Qui se fabrique des rêves entiers de réussite, de « vie admirable ». Anthony va ainsi découvrir le goût amer de l'amour, la fadeur d'un premier émoi, la lassitude d'un désir refoulé. Et se retrouver au final englué dans le morne quotidien de citoyen quelconque. Autour de lui gravitent sa famille dysfonctionnelle, le cousin, les filles et les jeunes errants du quartier. Il y a cette rage en lui, cette violence larvée qui ne demande qu'à sortir. Pourquoi d'ailleurs ? Même lui ne le sait pas, il se rend juste compte qu'il ne supporte plus le fonctionnement conflictuel de son petit monde, sa vallée. Mais partir ailleurs ? Il a essayé, il en est revenu. A travers Anthony et sa bande, j'ai voyagé dans le temps pas si lointain de mes 20 ans. Un peu comme dans un film en super 8, des images vintage me sont apparues. Les fêtes un peu arrosées, les garçons, la plage, le 14 juillet, Intervilles, la coupe du Monde de football, la fête foraine.... J'y étais à nouveau. Pour moi, c'était le « bon temps », j'ai donc pu savourer ces moments chéris. La plume est belle, pudique, et aussi mélancolique (note : l'auteur avait le même âge qu'Anthony, un peu d'autobiographie là-dedans ?). J'ai eu l'impression de me retrouver dans la peau de certaines des jeunes filles dans leurs dialogues, leurs comportements. Il n' y a pas un mot de trop, les sensations des protagonistes sont si authentiques, si réelles. On y parle de racisme, de politique, de sociologie et d'économie. Et puis aussi de sensualité, de violence et de moiteur. le récit baigne continuellement dans la chaleur, cette ambiance de fournaise qui amollit les habitants. Et puis quelle noirceur, quelle tristesse dans cette zone pavillonnaire. le bourdon garanti ! Vous l'aurez compris, une atmosphère poétique, glauque et lasse. Un rythme lent, des drames, des vies ordinaires, tout ce qu'il me faut pour goûter à la nostalgie d'une époque révolue.
Lire plus